Je n'ai pu écrire depuis de longues semaines, les soucis m'éloignent de tout ce que j'aime. Heureusement il y a dans mon coeur des images vivantes, comme celles qui sont nées lors de week-end de la Toussaint où j'ai retrouvé Marley au Haras du Cercle, dans ce coin de Calvados que j'aime tant, et où je me dis que je vivrai un jour certainement...

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Passées les plages de Cabourg, on s'aventure un peu plus vers les terres, et apparaît dans un écrin de nature, en plein soleil ou sous une pluie légère et transparente, le haras de Thomas. Un vrai paradis pour chevaux et cavaliers, 33 ha, une magnifique piste de galop, un terrain de polo pour les pratiquants de cette discipline dont Thomas est champion, une écurie spacieuse et claire...C'est là désormais que vit mon Marley.

Cela ne faisait qu'une semaine qu'il était arrivé. Malgré ma certitude qu'il était déjà très bien ici, je ne pouvais m'attendre à un changement radical. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir mon cheval tel que je l'avais connu il y a deux ans, la première fois que je l'ai monté à mon club. Finies les attitudes rétives et résistantes, disparu le sale caractère, les tentatives de bouger au montoir ou de mettre un coup de cul, il n'y avait plus que lui et moi comme avant, sans toutes ces interférences négatives que je sentais continuellement dans l'ancien haras. J'ai tout de suite retrouvé le lien indissoluble qui nous lie, cette complicité que seuls les cavaliers et leur monture peuvent connaître, cette joie d'être ensemble et de s'amuser...

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Même si Marley était encore assez mince, il avait déjà repris un peu grâce à la bonne herbe de Normandie et aux soins de Thomas. Il était en pleine forme. Pour la première fois je suis partie en balade seule avec lui tellement je sentais la confiance entre lui et moi. Ce furent des instants uniques, comme si soudain je touchais du bout des doigts un de mes rêves d'enfant les plus profonds...Les bois et les pariries d'automne un peu mouillées par la pluie du matin, le ciel changeant, le bruissement des feuilles, le sifflement du vent, le chant d'un oiseau et l'aboiement d'un chien non loin, tout ça derrière les oreilles d'un cheval, et pas n'importe quel cheval, Marley, le mien, celui que j'aime entre tous, c'était simplement merveilleux.

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Un autre jour, j'ai fait une balade à plusieurs, avec Thomas et de jeunes cavaliers, ma Victoire a pu se joindre à nous, c'était son rêve à elle, faire une balade en même temps que sa maman, et je ne suis pas étonnée qu'elle l'ait réalisé grâce à Thomas. Il fallait la voir sur son petit poney, quand on est arrivé sur l'immense piste de galop, dépasser soudain tous les poneys et chevaux plus grands, et filer au galop comme un petit bolide, les cheveux au vent dépassant de sa bombe, elle qui n'avait plus osé galoper depuis sa terrible chute de l'été 2011. Les quelques cours qu'elle a pris durant ce week-end de la Toussaint avec son moniteur préféré ont suffi pour lui redonner une confiance perdue et écorchée, car si elle était remontée à cheval dès qu'elle en eût le droit médicalement (6 mois après sa chute quand même)...elle gardait une peur viscérale du galop. Mais en quelques heures, Thomas en est venu à bout, et c'est une vraie Victoire libérée de ses peurs que j'ai vue ce jour-là tenir les rênes de son poney au milieu des autres enfants et des jeunes, plaisantant et s'amusant comme jamais...

C'est le coeur triste et lourd que je suis repartie, avec l'espoir et l'attente chevillés dans le coeur de revenir à Noël passer d'aussi bons moments avec mon Marley enfin heureux...Mais en même temps un poids énorme était tombé, celui de l'angoisse de le savoir mal, de le voir se dégrader régulièrement, de craindre pour sa santé et son mental...Au haras du Cercle, je suis parfaitement tranquille quant à son confort de vie et à son mental, puisqu'à présent c'est bien mon Marley que j'ai retrouvé, plus proche de moi que jamais, capable de me faire confiance au point de partir seul avec moi par les chemins de campagne, sans jamais s'arrêter ou faire de résistance, avec au contraire un entrain et un enthousiasme que je ne lui connaissais pas...Le bonheur est si simple alors.