Quelques jours hors du temps, suspendus dans un espace préservé, mon coeur qui se rassemble, puis se disloque, s'éparpille, se retrouve à nouveau, entre une percée de soleil dans le ciel gris et pâle d'un hiver normand que je découvre et retrouve à la fois c'est étrange, mon coeur baigné de larmes au jour du départ, le bonheur d'être ici simplement, si près de moi-même, la douleur de savoir que je vais repartir, sentir les heures qui s'égrènent comme autant de grains de sable dans un sablier inexorable, déjà c'est fini.

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Retrouver mon beau cheval noir heureux et en forme, partir en balade dans les chemins de campagne, avec Thomas et Victoire qui nous suit sur son petit poney, ou seule dans le domaine du haras, il y a de quoi faire avec les 33 hectares...Aider ma puce à dominer son stress, à réviser son galop, me taper un soleil dans la carrière parce que décidément Marley n'aime pas travailler en carrière, et que dès que j'ai demandé le galop il a donné un grand coup de tête en avant et rué en même temps...Comprendre que seul  très bon cavalier peut le mettre au boulot en carrière, et que certainement ce n'est pas avec lui que je progresserai...et somme toute m'en fiche un peu, puisque je l'ai, puisque je l'aime, puisqu'on aime tous les deux la nature, l'extérieur, et qu'en balade il pourrait tenir des jours entiers sans se lasser. Pour lui, je suis prête à apprendre sur d'autres, tant pis, apprendre jusqu'à ce que je sois capable de rester ens elle quand il fait le con en carrière, et le corriger ensuite...Après tout, ma nature exigeante et ambitieuse trouve son répondant, et mon cheval est un peu comme moi, il aime les rapports de force et a du caractère, je le savais déjà, aurais-je aimé une bête moins dure, je ne sais pas. Il est ma bête noire, il a même fichu par terre deux fois l'apprenti de Thomas qui a son galop 5, seul Thomas a réussi à rester en selle et à le corriger, il me reste des années de travail donc...

Mais le plus important c'est le plaisir que nous prenons tous les deux dans ces balades, à la découverte d'une nature qui me manque tant, et qui je le sais a manqué tant aussi à Marley pendant toutes ces années de club à tourner en carrière ou en manège. Il se trouve qu'aujourd'hui, moi aussi j'en ai marre de bosser enfermée dans un bureau, j'aspire à une autre vie professionnelle, davantage en relation avec le terrain, et certainement à une autre vie tout court, loin du vacarme et du stress de la capitale.

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Mais ça c'est une autre histoire.